L’activité politique en ligne au Canada : surenchère et réalité

Article 2 / 9 , Vol 37 No 4 (Hiver)

L’activité politique en ligne au Canada : surenchère et réalité

Que font les Canadiens du contenu politique fourni par les gouvernements, les partis politiques et les parlementaires au Canada? Fondé sur les données tirées du Sondage sur la citoyenneté en ligne au Canada de 2014, l’article porte sur le recours aux communications numériques par les Canadiens pour se renseigner sur la politique, en discuter et y participer. On a constaté que moins de la moitié des répondants utilisent Internet pour participer à la politique canadienne et que la politique reste une activité en ligne de moindre importance pour les Canadiens même si les gouvernements, les politiciens et les partis politiques ont pris les grands moyens pour être présents dans le cyberespace.

Au cours des vingt dernières années, les technologies de communication ont connu une révolution avec l’adoption à grande échelle des réseaux informatiques et des technologies numériques. Elles n’ont pas encore touché que très peu d’aspects de la société, de l’économie et de la culture. Chose peu étonnante, les technologies numériques ont aussi fait leur apparition dans la politique canadienne. Elles ont modifié la manière dont les institutions représentatives communiquent et interagissent avec les citoyens. Vers le milieu des années 1990, les ministères, les partis politiques et les parlementaires du Canada se sont mis à lancer leurs propres sites Web afin d’informer les citoyens, voire les mobiliser. Plus récemment, les médias sociaux, dont Twitter, Facebook et YouTube, sont devenus les piliers de la communication politique au Canada. De même, le Sénat du Canada et la Bibliothèque du Parlement publient des gazouillis. On possède une bonne connaissance de la présence en ligne des gouvernements, des partis politiques et des parlementaires au Canada1, mais on en connaît moins sur le degré d’interaction des Canadiens avec le contenu politique publié par ces divers acteurs2.

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L’équilibre travail-famille : une défi pour les députés canadiens

Article 8 / 12 , Vol 36 No 1 (Printemps)

L’équilibre travail-famille : une défi pour les députés canadiens

De nombreux Canadiens peinent à trouver un équilibre entre leur famille et leur carrière. Un sondage effectué par Harris/Décima en 2011 indique que 47 % des Canadiens se démènent pour atteindre un équilibre travail-vie personnelle, et que la famille pèse souvent lourd dans la balance. Certaines professions, notamment celle de député, rendent l’atteinte de cet équilibre encore plus difficile que d’autres. Le présent article se penche sur la nature générale de la pression exercée sur les députés, les deux stratégies utilisées par les élus pour s’adapter aux défis de leur profession, et des réformes potentielles visant à faire baisser la pression ressentie par les députés et leur famille. Les données de l’article proviennent d’une série d’entrevues semi-structurées effectuées par Samara, organisme de bienfaisance indépendant dont l’objectif est d’améliorer la participation politique et démocratique au Canada dans le cadre de son projet d’entrevues avec les députés sortants. Pour rédiger l’article, les auteurs ont utilisé les transcriptions d’entrevues de 65 députés sortants qui ont quitté la vie publique durant ou après les 38e et 39e législatures, dont 21 ministres et un ancien premier ministre. Les personnes interrogées représentaient tous les partis politiques et toutes les régions du pays et ont été en poste durant 10,5 ans en moyenne.

Dans son examen perspicace du « côté sombre » de la vie politique au Canada, Steve Paikin attend l’avant-dernier chapitre de son livre pour aborder le sujet de la famille. Son récit ressemble étrangement à un avertissement bien senti adressé à ceux qui se lancent en politique et qui ont l’espoir de maintenir une vie familiale sereine. Il raconte notamment l’histoire de Christine Stewart, députée libérale élue en 1993, qui, lors de sa participation à une séance d’orientation offerte aux nouveaux députés, avait entendu ce qui suit : « Regardez les gens dans cette pièce, avait averti l’animateur de la séance. Parce qu’à la fin de votre carrière politique, 70 % d’entre vous seront divorcés ou auront causé de sérieux dommages à leur mariage. » Mme Stewart pensait bien réussir à être l’exception à la règle; pourtant, ses 17 années de mariage ont pris fin au cours de sa carrière de députée.

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