Célébration des 100 premières femmes députées à l’Assemblée législative de la Colombie-Britannique

Célébration des 100 premières femmes députées à l’Assemblée législative de la Colombie-Britannique

À l’aube du 100e anniversaire de l’élection de la première femme députée à l’Assemblée législative de la Colombie-Britannique – qui sera célébré en 2018-, l’auteure examine certains accomplissements réalisés par les 100 premières femmes députées dans la province. Elle souligne que ces femmes se sont souvent révélées d’excellents exemples à suivre pour les jeunes gens qui souhaitent entamer une carrière dans le domaine de la politique ou des services publics.

En 2013, la Colombie-Britannique a franchi une étape importante avec l’élection de la 100e femme députée à l’Assemblée législative. Nous approchons en outre du 100e anniversaire de la victoire de Mary Ellen Smith, première femme élue à l’Assemblée législative de la Colombie-Britannique, à l’élection partielle de 1918.

Entre 1891 et 1914, 16 projets de loi portant sur le droit de vote des femmes ont été présentés à l’Assemblée législative de la Colombie-Britannique, puis rejetés. En avril 1917, après un référendum sur la question entrepris parallèlement aux élections provinciales générales de 1916, la Colombie-Britannique est devenue la quatrième province canadienne à accorder aux femmes se qualifiant comme des sujets britanniques le droit de voter et de se présenter aux élections provinciales. Si cette législation annonçait un grand pas en avant pour les droits de la femme, le droit de vote ne deviendra universel en Colombie-Britannique qu’en 1949. C’est à ce moment qu’il a finalement été élargi pour inclure les femmes et les hommes des Premières Nations ainsi que les hommes et les femmes d’origine japonaise.

J’aimerais profiter de cette étape importante pour célébrer la force, le caractère et les contributions de ces dirigeantes provinciales exceptionnelles.

Mary Ellen Smith

Née et élevée en Angleterre, Mary Ellen Smith a immigré en Colombie-Britannique avec son mari en 1891. Comme elle était une militante passionnée dans le mouvement pour le droit de vote des femmes dans la province au cours des décennies précédant le succès du référendum de 1916, il était sans doute à propos qu’elle soit appelée à occuper le siège de son mari laissé vacant après sa mort subite en 1917. D’abord élue en tant que « libérale indépendante », elle a été réélue en 1920 et en 1924 sous la bannière du Parti libéral de l’époque.

À titre de députée à l’Assemblée législative, Mary Ellen Smith a continué son travail de défense au nom des femmes, des enfants et des personnes défavorisées, entre autres par la présentation d’un projet de loi demandant un salaire minimum pour les femmes, qui est demeuré en vigueur jusqu’en 1972. Elle est en outre reconnue comme la première femme membre du Cabinet et la première femme à avoir présidé les débats parlementaires en tant que présidente suppléante, et ce, partout dans l’Empire britannique.

Nancy Hodges

En 1950, la Colombie-Britannique a été témoin d’une autre première lorsque Nancy Hodges a été nommée présidente de la Chambre – la première femme présidente de tous les pays du Commonwealth. Nancy Hodges a grandi à Londres (Angleterre), avant de déménager à Kamloops (Colombie-Britannique) en 1912 afin de faciliter la convalescence de son mari, alors atteint de tuberculose. En 1916, le couple s’installe à Victoria, où elle devient rédactrice de la page féminine du journal Victoria Times et se forge une solide réputation de porte-parole pour les droits de la femme.

Hodges a remporté un siège à l’Assemblée législative en 1941 et a été députée libérale au sein de la coalition libérale-conservatrice qui a gouverné la province jusqu’en 1951. Elle a fait campagne pour les droits des travailleuses et le droit de propriété des femmes avant sa nomination à titre de présidente. Après avoir perdu son siège aux élections générales provinciales de 1953, Hodges a été nommée au Sénat du Canada, devenant ainsi la première femme de la Colombie-Britannique à siéger à la Chambre haute du Canada.

Rosemary Brown

Une génération plus tard, une autre immigrante pionnière arrive à Montréal. Rosemary Brown a émigré de la Jamaïque pour venir étudier à l’Université Mcgill en 1951. Après s’être installée dans l’Ouest, elle a agi à titre d’ombudsman du Vancouver Status of Women Council avant de devenir la première femme afro-canadienne élue à une assemblée législative provinciale au Canada, à titre de députée néo-démocrate pour Burrard, en 1972.

En plus d’être reconnue comme la première femme de minorité visible élue à l’Assemblée législative de la Colombie-Britannique, Brown a également été la première femme afro-canadienne – et seulement la deuxième femme, après Mary Walker-Sawka en 1967 – à se présenter à la course à la direction d’un parti national, terminant deuxième à la course à la direction du Nouveau Parti démocratique en 1975. En 1986, après trois mandats en tant que députée, Brown a quitté la politique provinciale pour retourner travailler dans le milieu universitaire, avec des organisations d’aide internationale, et en tant que chef de la Commission ontarienne des droits de la personne.

Jenny Wai Ching Kwan et Ida Chong

Les députées Jenny Wai Ching Kwan et Ida Chong ont toutes deux été élues pour la première fois en 1996 aux élections générales de la Colombie-Britannique, près de 50 ans après l’adoption d’une loi en 1947 pour étendre le droit de vote aux femmes et aux hommes d’origine chinoise et sud-asiatique. Kwan et Chong sont devenues les premières Canadiennes d’origine chinoise à être élues à l’Assemblée législative de la Colombie-Britannique, ainsi que les première et deuxième femmes sino-canadiennes de la province à devenir ministres.

Née à Hong Kong en 1967, Jenny Wai Ching Kwan a déménagé à Vancouver avec sa famille quand elle avait neuf ans. Elle est devenue la plus jeune conseillère municipale de Vancouver en 1993 avant de faire campagne pour devenir députée du Nouveau Parti démocratique pour Vancouver-Mount en 1996. Au cours de son premier mandat, Kwan est devenue la première ministre canadienne d’origine chinoise en Colombie-Britannique, occupant le portefeuille des Affaires municipales; de l’Égalité des femmes; et du Développement communautaire, des Coopératives et du Bénévolat.

Fille d’une mère immigrante chinoise et d’un père sino-canadien de la deuxième génération, Ida Chong a grandi à Victoria (Colombie-Britannique). Elle a travaillé près de 20 ans comme associée principale dans un cabinet de comptabilité et a rempli un mandat comme conseillère municipale avant sa campagne victorieuse de 1996 pour représenter Oak Bay-Gordon Head en tant que députée pour le Parti libéral.

Nouvellement députée, elle a été nommée porte-parole de l’opposition officielle en matière de petites entreprises et porte-parole adjointe des finances lors de son premier mandat. Après les élections générales de 2001, qui ont abouti à un gouvernement libéral, Chong a occupé divers postes ministériels : Développement communautaire, sportif et culturel; Sciences et Universités; Vie saine et Sport; et Petites entreprises.

Au cours des dernières décennies, les femmes de la Colombie-Britannique ont fait leurs preuves en tant que leaders dans la quasi-totalité des postes de haut niveau de la province. Des femmes ont dirigé tous les principaux partis de la province. Quatre femmes ont été élues présidente de la Chambre, deux ont été nommées lieutenante-gouverneur, et deux ont occupé le poste de première ministre de la province. En outre, des femmes ont maintenu une présence importante et croissante à la table du Cabinet.

Rita Johnston

Première femme à assumer la fonction de première ministre d’une province du Canada, Rita Johnston est née en Saskatchewan et a grandi dans le Lower Mainland de la Colombie-Britannique. Avant de faire le saut en politique, elle a dirigé pendant de nombreuses années une petite entreprise prospère à Surrey (Colombie-Britannique) et a rempli deux mandats comme conseillère municipale de Surrey – une expérience qu’elle utilisera à bon escient plus tard lorsqu’elle deviendra ministre des Affaires municipales. Johnston a été élue pour la première fois en tant que députée de Surrey pour le parti Crédit Social en 1983. En plus d’occuper le poste de ministre des Affaires municipales – pour lequel elle a reçu des éloges de collègues provenant de tous les horizons politiques pour son administration compétente –, elle a également été ministre des Transports et de la Voirie, ministre d’État de la région de Kootenay et vice-première ministre. Johnston a été nommée première ministre le 2 avril 1991, après avoir été désignée par le caucus du Crédit Social pour succéder à Bill Vander Zalm.

Carole James

En 2003, le Nouveau Parti démocratique de la Colombie-Britannique a élu pour la première fois une femme comme chef de parti, Carole James, qui a également fait l’histoire en étant la première femme à occuper les fonctions de chef provinciale de l’opposition officielle. Carole James a consacré une grande partie de sa vie au service public, travaillant au sein du Greater Victoria School Board et comme vice-présidente de l’Association canadienne des commissions/conseils scolaires. Elle a également rempli un nombre inégalé de cinq mandats en tant que présidente de l’Association des commissaires d’école de Colombie-Britannique. Elle a été directrice de la politique sur la garde d’enfants au sein du gouvernement de la Colombie-Britannique pendant deux ans, et a siégé au Conseil de planification sociale de la région métropolitaine de Victoria, au Comité des parcs et des loisirs de la Ville de Victoria et au Groupe de travail sur la prévention de la violence.

Christy Clark

Christy Clark, l’actuelle première ministre de la Colombie-Britannique, a d’abord été élue à l’Assemblée législative de la Colombie-Britannique le 28 mai 1996 en tant que députée libérale. Aux élections générales de 2001, elle a été nommée vice-première ministre et a dirigé les portefeuilles de l’Éducation, et du Développement des enfants et de la famille, avant de décider de prendre une pause de la vie publique pour se consacrer à sa famille. En 2011, elle revient à la politique et remporte la course à la direction du Parti libéral après le départ du premier ministre Gordon Campbell. Christy Clark a été assermentée comme première ministre le 14 mars 2011. En 2013, elle a atteint un nouveau jalon en devenant la première femme en Colombie-Britannique à mener un parti vers la victoire lors d’élections provinciales. Elle est actuellement la deuxième femme première ministre de la Colombie-Britannique et celle ayant exercé le plus long mandat.

Au moment d’écrire ces lignes, 31 des 85 députés de la Colombie-Britannique sont des femmes, et 8 ministres sur 20 sont des femmes. À l’Assemblée législative, quatre des huit comités actifs (y compris la Commission de régie de l’Assemblée législative) sont présidés par des femmes. Je suis honorée d’être la présidente – et la députée ayant le plus d’ancienneté à ce jour – à un moment où les fonctions de président, de lieutenant-gouverneur et de premier ministre sont occupées par des femmes, et où les deux partis ayant un statut officiel à l’Assemblée législative sont dirigés par des femmes.

L’un de mes plus grands privilèges en tant que députée est de rencontrer les étudiants et les jeunes et d’échanger avec eux sur la façon dont ils peuvent contribuer à faire de la Colombie-Britannique une province plus prospère et plus sûre. Nos 100 premières femmes députées fournissent une riche diversité de modèles et de dirigeantes qui ont travaillé fort pour faire de la Colombie-Britannique un endroit meilleur. Leur itinéraire professionnel et leurs réalisations inspirent les jeunes – et nous tous – à poursuivre les efforts visant à faire une différence positive dans nos collectivités.